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L’œuvre d’Isabelle Mignot est une confidence pudique posée sur une toile de fond musicale. Les qualificatifs, imprégnés de gammes, de clés, de notes ou encore de silences sont empruntés à un autre art. D’un autre art, mais également issus des interrogations de l’homme dans la modernité de ce siècle. Si les outils pour le dire viennent d’ailleurs, les sujets, eux, sont bien d’ici. La vie est taillée dans la chromatique et la composition. Elle est scellée dans les titres.
L’artiste joue avec les frontières d’un réel incisif et d’un abstrait presque palpable. Toujours chargée de sensualité, cette mise à nu n’a jamais le mauvais goût des regrets, n’est jamais amère. Seule l’écoute nous est offerte comme une évidence et avec elle l’espérance. Le quotidien, source majeure qui sert Isabelle Mignot, passe sous les pinceaux, sans s’arrêter. Et pourtant laisse une trace, un sentiment. Avec son langage propre, elle sait nous offrir les questions que nous avons oubliées ; Avec la profondeur de champ et d’âme nécessaire pour que le résultat soit suffisamment crédible pour nous interpeller et nous réconcilier avec nous-même.
Hervé Chouvel – Mai 2008
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